Stéphane Pradines: (étude réalisée
en 1996)
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PRADINES en 1996 sur les TUMULUS SENE GAMBIENS
EXTRAITS de L'ETUDE:
... La zone des mégalithes comprend 1045 cercles mégalithiques qui
occupent sa partie occidentale. Ces structures funéraires sont datées par
14C du IIe à la fin du XVIe siècle.
Les cercles mégalithiques possèdent un nombre élevé
d'inhumations, des poteries cultuelles et des dépôts d'armes et de parures. Les
squelettes retrouvés avaient des mutilations dentaires.
Une enceinte circulaire de monolithes de latérite délimite un
espace intérieur plat ou bombé, parsemé ou non de blocs latéritiques. Une
structure frontale, d'un ou plusieurs monolithes disposés en une ou deux
ligne(s) à l'Est, s'ajoute généralement à cet ensemble. Dans une minorité de
cas, il s'agit d'une pierre bifide, encore appelée pierre en V ou pierre-lyre,
comme à Keraiany Ngane.
Sine-Ngayène est le plus grand site mégalithique du Sénégal
avec 54 cercles inventoriés. Trois cercles ont été fouillés par G. Thilmans et
C. Descamps, portant les numéros 32, 25 et 28. La fouille des cercles
mégalithiques a permis de constater une opposition entre les inhumations
centrales profondes et les inhumations périphériques superficielles. La
disposition des corps est souvent anarchique pourtant on constate certaines
constances comme le décubitus latéral prédominant, l'hyperflexion des jambes ou
la position en losange : pieds joints et genoux écartés. L'inhumation collective
et simultanée des cercles mégalithiques fait penser à des sacrifices humains.
Les corps sont jetés dans une fosse circulaire, membres supérieurs et inférieurs
apparemment liés.

Les cercles pierriers
Le cercle pierrier est une couronne de blocs latéritiques
dépassant à peine de la surface du sol, à laquelle s'ajoute souvent une
structure frontale. L'espace intérieur est plat ou légèrement bombé et présente
peu ou pas de blocs en surface. En profondeur, on trouve des blocs latéritiques
disposés en deux ou trois couches. Le contour circulaire du monument est
délimité par une murette d'éléments polygonaux superposés en trois assises.
Les cercles pierriers classés par G. Thilmans dans le faciès
central sont caractérisés par un nombre réduit d'inhumations, réparties en
inhumations centrales et profondes orientées vers l'Est d'une part ;
périphériques et superficielles d'autre part. Les individus inhumés ont fait
l'objet de mutilations dentaires. Les armes, les éléments de parures et poteries
funéraires sont absents.
Les sites fouillés par G. Thilmans et C. Descamps dans le
secteur central furent Tiékène-Boussoura et Kodiam.
Le site de Tiékène-Boussoura regroupe neuf cercles
mégalithiques, dix cercles pierriers, six tumulus pierriers et de nombreux
tumulus. G. Thilmans et C. Descamps ont fouillé de 1973 à 1975 plusieurs de ces
structures dont deux cercles pierriers (n°18 & 19). Le premier a une ligne
frontale double (un monolithe proximal, deux distaux), le deuxième une ligne
frontale simple de trois monolithes. Ils comprennent tous deux une enceinte
circulaire de blocs latéritiques, constituée d'une murette interne de blocs
volumineux et d'un pavage de blocs plus petits à l'extérieur. Au centre se situe
l'inhumation unique, à 40 cm de profondeur pour le cercle n°18 et 135 cm pour le
cercle n°19 ; le premier étant en décubitus ventro-latéral gauche, orienté E-SE,
le deuxième en décubitus dorso-latéral droit, orienté SE.
A Kodiam, soixante-quatre monuments (364 monolithes) ont été
dénombrés dont 40 cercles pierriers et 11 cercles mégalithiques. La majorité des
structures présentent une ligne frontale, simple ou double ; 87% des monuments
frontaux sont à cupules, ainsi que quatre des cercles mégalithiques. Seul le
cercle mégalithique n°17 a fait l'objet de fouilles. Il s'agit d'un
cercle à douze monolithes et une ligne frontale de deux éléments. Il est daté de
738+-125 ap. J.-C. (DAK-41 ; charbons de bois)....
... La plus ancienne arme découverte en Sénégambie provient du site
de Dionewar. Une pointe de lance en cuivre a été découverte sur ce site, daté de
395 ap. J.-C.... (ndlr: ceci confirme la thèse des générations
successives ayant utilisé les cercles de pierre...)
FORMES CERAMIQUES : Famille du secteur oriental, la zone mégalithique
Voyons les différents types de formes céramiques représentés
sur les sites mégalithiques localisés autour des affluents de la rive Nord du
fleuve Gambie :
A Tiékène-Boussoura, Kodiam et Sine-Ngayène, les tessons de
bord les plus fréquemment rencontrés présentent : soit une épaule anguleuse,
soit un bandeau terminal engobé avec pincement du bord de l'ouverture aminci et
rentrant, ou encore une lèvre plate déversée en bas et en dehors.
Un important dépôt de céramiques carénées fût trouvé à
Sine-Ngayène. Il s'agit de quatorze poteries gisant à faible profondeur (50-60
cm) et tournées l'ouverture vers le bas. Elles furent trouvées entre les
monolithes du cercle n°25 et ceux de la ligne frontale. Sur les cinq dont le
fond était conservé, celui-ci était percé d'un orifice intentionnel. Ces
céramiques sont de petites dimensions. Les poteries entières, dont le fond est
artificiellement percé, sont en relation avec le monolithe de la structure
frontale : au pied ou derrière. Ce type de dépôt n'est observé que pour les
mégalithes occidentaux. Les observations ne permettent pas de dire si les
poteries ont été enterrées ou disposées sur le sol primitif.
... En résumé, la région des mégalithes (Nioro-du-Rip) est
caractérisée par une céramique carénée à fond rond (fig.11).Ce type de céramique
ne se rencontre pas dans le reste de la Sénégambie.
S. et R. McIntosh datent cette céramique de 1000-1250 ap. J.-C.
A. Gallay pense que les céramiques carénées entières associées aux monolithes
frontaux prouvent la contemporanéité des habitats et des cercles mégalithiques.
Les sites de Sine-Ngayène et Mbolop-Tobé sont uniques pour leur relation
habitat-sépultures. De plus, A. Gallay a trouvé dans le tumulus de Mbolop-Tobé
le même type de céramique, ce qui démontre une contemporanéité ou une
acculturation cercles/tumulus. Nous en déduisons que cette céramique carénée
caractérise les cercles mégalithiques, mais aussi les tumulus associés aux
cercles. L'hypothèse d'une antériorité des cercles sur les tumulus n'est plus
valable, la céramique étant la même. Les datations 14C proposées pour
la céramique mégalithique s'échelonnent du VIIe au XIIIe siècle. (Sine-Ngayène :
960-1200 ap. J.-C. ; Wassu : 680-960 ap. J.-C. et Kodiam : 600-780 ap. J.-C.
).

Céramiques carénées de Sine-Ngayène
Mention obligatoire et copyright : Stéphane Pradines
... A Saré-Diouldé par contre, les types précédents sont très peu
représentés, le bord le plus fréquent étant un col court et rectiligne inséré à
angle droit sur le corps. On retrouve sur ce site (également 15% à Sine-Ngayène)
un élément typique de la céramique du delta du Saloum : l'embase ou lèvre bifide
destinée à supporter un couvercle et des fragments de couvercles dont un bouton
de préhension. Cette caractéristique reflète probablement une influence
occidentale.
A Sine-Ngayène une part importante des tessons ont une pâte
blanche et des lignes de fractures horizontales et concentriques des poteries
qui indiquent un montage au colombin . La plupart des autres tessons sont de
couleur noire ou grise (oxydation faible dans l'ensemble).
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PRADINES en 1996 sur les TUMULUS SENE GAMBIENS